31/03/2012

Petit bateau › UN VILLERÉALAIS SUR «THALASSA»

Yann Pajot sur Thalassa, le Magazine de la mer... (dr)|Jean-Paul Epinette

Le magazine de France 3 qui faisait escale vendredi à Port-Vendres, à consacré une séquence à Yann Pajot, un Villeréalais expatrié sur les bords de la Méditerranée où il s'est bâti une solide réputation dans la restauration de vieux gréements...



« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! » S'il est quelqu'un à qui s'applique parfaitement ce vers fameux de Baudelaire, c'est bien cet enfant de Villeréal qui, de Dropt en Canal du Midi, a trouvé sa voie entre radoub et calfat, du côté de Narbonne.

Même s'il porte le nom de célèbres navigateurs - aucun rapport, d'ailleurs - rien ne prédestinait ce petit-fils de maçon, à manier la doloire ou le bec-de-corbin. L'anecdote veut que la vocation de Yann soit née sur le Dropt ; sur d'improbables radeaux que le gamin bricolait avec ses potes, les Marchès et autres Laurière.

Yann Pajot dans les entrailles du Miguel CaldenteyC'est à Sainte-Lucie, une presqu'île au milieu des étangs, entre Narbonne et Port-la-Nouvelle, que Yann va pouvoir exprimer ses talents aux côtés de Serge, son père, directeur du Centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) du Pays narbonnais.

Là, il se fait la main en restaurant des catalanes, ces antiques et colorées barques de pêcheur à voile latine, aujourd'hui très recherchées. Mais, c'est à une péniche du canal du Midi que notre Villeréalais doit sa renommée.

En 1994, le Conservatoire maritime et fluvial lui confie la restauration de la « Marie-Thérèse », doyenne des chalands navigants d'Europe, construite en 1855 à Toulouse. Durant un siècle, sur le canal, elle transporta du vin, du blé et de l'huile avant de sombrer par 10 mètres de fond dans la vase du port de Sète. La sauver constituait un pari insensé dont Yann sortit vainqueur.

Une performance qui lui valut d'hériter par la suite d'un nouveau chantier et d'un défi encore plus grand : la restauration d'une goélette construite en 1913 par un riche minotier de Majorque, le « Miguel Caldentey » .

Ce "pailebot" assura durant un demi-siècle le transport de farine, d'oranges et d'amandes de Palma à Marseille en passant par Barcelone et Port-Vendres avant d'être désarmé en 1973. Classé monument historique, ce dernier survivant d'une marine marchande à voiles était à l'abandon dans le port de Canet-en-Roussillon. Condamné au pourrissement et à l'oubli.

Rachetée par la mairie de Port-Vendres, la goélette catalane a été confiée aux mains expertes de Yann Pajot. Un chantier de longues années de restauration avant d'espérer voir ce 2 mâts et ses 420 m² de toile à nouveau filer au vent du Golfe du Lion. 

► Pour revoir l'émission "Thalassa" sur France 3 du vendredi 30 mars : cliquez ici

► Voir ci-dessous un reportage vidéo sur la restauration du "Miguel Caldentey" :

 


 

 

31/03/2012